76ème journée du souvenir des héros et des victimes de la déportation

Ce dimanche 25 avril 2021, nous commémorions le 76ème anniversaire de la libération des camps de concentration nazis. Retrouvez ci-dessous en vidéo et par écrit le discours de Jean-Paul FAUCONNET, maire de Rosny-Sous-Bois.

Mesdames, Messieurs, 

Permettez-moi tout d’abord de rendre hommage à la fonctionnaire de police lâchement assassinée ce vendredi à Rambouillet. La barbarie islamiste a une nouvelle fois endeuillé la France. Ce nouvel épisode sanglant doit nous faire garder en mémoire que le combat contre la barbarie et pour la défense de la liberté est bien d’actualité. Aussi, je souhaite apporter un message de soutien, en des temps où les conspuer semble être devenu une mode, à l’ensemble des forces de l’ordre et des militaires qui contribuent quotidiennement à faire la beauté de notre pays.

En cette 76ème journée du souvenir des victimes et héros de la déportation, l’attentat de Rambouillet nous rappelle douloureusement que si nous avons réussi à vaincre l’idéologie meurtrière et aveugle de l’Allemagne nazie, nous ne sommes jamais à l’abri du retour de nouvelles formes de totalitarismes idéologiques.

Celui vaincu il y a 76 ans aura été le plus meurtrier de notre histoire collective. En France pas loin de 165.000 personnes seront déportées. 89.000 déportés de France le seront car résistants, opposants politiques, otages, victimes de représailles, prisonniers de droit commun ou encore homosexuels. Ils seront 60% à survivre aux camps d’internement. 76.000 dont 11.000 enfants, essentiellement des juifs, seront déportés au nom de la politique ethnique et antisémite du régime nazi. Seulement 3% d’entre eux reviendront et survivront, marqués à jamais par les camps de l’horreur. Mais aucune statistique, aucun chiffre ne saurait traduire la réalité de la douleur et de la souffrance vécues par les populations persécutées.

Nous devons tirer des enseignements du passé. Aussi, aujourd’hui tous les signaux, même faibles, de haine, d’antisémitisme, de radicalisation, doivent être interceptés et traités avec la plus grande fermeté afin que jamais ne se réécrivent de pages si sombres dans notre Histoire.

En effet, comme Rome ne s’est pas faite en un jour, le régime sanguinaire nazi ne s’est pas créé en une nuit. La mise en œuvre de ce qu’il appelait avec un cynisme glaçant « la solution finale de la question juive », avait été décrite par Hitler dès 1925 dans Mein Kampf.

De petits renoncements en grandes lâchetés les gouvernements européens ont laissé grandir le monstre de l’antisémitisme jusqu’à ce qu’il atteigne son paroxysme avec la mise en œuvre des camps de la mort.

Il nous faut aujourd’hui inlassablement enseigner à la jeune génération l’atrocité de ces tristes années de l’Histoire afin qu’elle soit sensibilisée à l’impérieuse nécessité de ne jamais se soumettre aux petits renoncements du quotidien, qui peuvent conduire aux plus grands drames de l’Inhumanité.

En des temps troublés par la crise sanitaire, par la crise économique, nous devons collectivement œuvrer à la cohésion nationale et nous mobiliser pour éviter les tentations de repli et de rejet.

Mais pour cela il faut que nos autorités gouvernementales prennent la mesure du danger. L’affaire Halimi, en ce sens, nous interpelle tous. Un homme commet des atrocités conduites par un antisémitisme aveugle sous l’emprise de drogue. La justice conclut à l’irresponsabilité pénale en ce que l’auteur n’était plus maître de lui-même… Quel signal est envoyé à l’ensemble de nos compatriotes ? Je crains malheureusement que nous soyons dans ce cas précis face aux petits renoncements et grandes lâchetés que j’évoquais.

Pour que le vivre ensemble soit une réalité il est nécessaire que l’autorité publique soit respectée par tous. Or, nous voyons actuellement quasi quotidiennement dans l’actualité des attaques inadmissibles contre nos forces de l’ordre qui ne reçoivent en retour aucun soutien. Là aussi nous sommes face aux petits renoncements et aux grandes lâchetés.

Gérard Collomb, avec qui je ne partage rien vous le savez, disait en quittant le ministère de l’Intérieur « Aujourd’hui on vit côte à côte… je crains que demain on vive face à face. » Cette crainte c’est en œuvrant chaque jour à enseigner ce que furent les drames du passé que nous réussirons à la surmonter.

Gardons à l’esprit que nous sommes tous les garants de la liberté et de la grandeur de notre Pays.

Vive la France.